Edito du Président JUIN -JUILLET 2011


LES GRANDES MANOEUVRES


Nous pouvons constater que la CCLD est passée en mode accéléré et tente de faire avancer ses projets à grands pas. Ne reculant devant rien pour obtenir gain de cause, elle fait feu de tout bois pour tenter de garantir son existence.

En effet nous avons pu lire dans les bulletins des Mairies de LA TOUR D'AIGUES et d'ANSOUIS des informations qui méritent d'être commentées :

Tout d'abord je reprends ici les commentaires de Michel BOUVIER - Président de Aubions Nature qui a fait un travail d'analyse des informations très souvent erronées que tente de faire passer la Mairie de LA TOUR D'AIGUES comme vous allez pouvoir le voir :


14 raisons de s’opposer au projet de déchetterie de La Tour d’aigues

(référence au bulletin municipal de la mairie de la Tour d’Aigues, juin 2011)


Les déchetteries n’ayant pas souvent bonne presse, nos élus ont inventé un terme plus anodin : le centre d’apport volontaire (CAV) terme peu connu et qui est loin d’être entré dans le langage courant comme en témoignent les nombreux textes officiels traitant de « déchetteries » et ignorant les « CAV » Parlons donc de la DECHETTERIE que la CCLD s’obstine à vouloir construire en bordure de rivière, sur la route entre  la Tour d’Aigues et Grambois. La mairie de La Tour d’Aigues a distribué en Juin dernier, un bulletin municipal dont une page titrée for justement « environnement » est consacrée à la justification de ce projet.


Nous nous sommes penchés sur ce texte et livrons, ici, nos commentaires :

1 – « il n’y a pas de culte du secret concernant ce projet »

Rappelons que la communauté de commune  travaille sur ce dossier depuis 2002 et c’est seulement en aout 2010 que les associations locales et les riverains ont appris, par hasard, l’existence de ce projet.

2 – « Il y aura une large concertation de toutes et de tous »

Cette concertation, imposée par les textes, aurait du déjà avoir lieu avant l’achat du terrain et l’établissement du dossier définitif actuellement en cours.

3 – « La déchetterie ne polluera ni la rivière, ni la nappe phréatique »

Affirmation rassurante, mais que personne ne peut garantir : Il y a toujours un risque d’incident tel qu’un bidon  renversé au cours de manutentions et que des liquides toxiques pénétrant  le sol.

La seule façon de garantir cette absence de pollution serait de choisir un site plus approprié qu’une bordure de rivière.

4 – « La zone destinée à accueillir la déchetterie n’est pas une zone inondable… seuls 10% de la parcelle sont est en zone inondable… »

La commune de la Tour d’Aigues a connu de 1986 à 1994 neuf inondations et coulées de boue.

La carte du PPRI de l’Eze, consultable sur le site internet du ministère du développement durable, montre une zone rouge dont la largeur, en bas de la parcelle, est de l’ordre de 70 m depuis le lit de la rivière ce qui nous approche plus des 25% que des 10% de surfaces inondables …

Il peut être utile de rappeler que, faute d’avoir tenu compte des mises en garde des associations locales, 3 élus et un fonctionnaire de l’ancienne DDE sont actuellement mis en examen pour avoir autorisé des constructions en zones inondables de Vendée.

« l’occupation des zones inondables par des bâtiments et matériaux sensibles à l’eau peut générer, en cas de crue, un transport et un dépôt de produits indésirables, susceptibles de former des embâcles (barrages). Leur rupture peut engendrer une inondation brutale des zones situées en aval. » - Prévention des risques  d’inondation (15 mars 2011)

5 - « Le vent ne projettera pas de déchets car les bennes seront couvertes et protégées »

Admettons que le service technique soit constitué de gens parfaits qui ne commettent jamais d’erreur et recouvrent parfaitement les bennes, mais que penser des particuliers qui, tirant une remorque souvent non bâchée, laisseront échapper des objets divers pendant leurs manœuvres ? 

6 - « La déchetterie sera clôturée, sécurisée, et gardée avec un logement sur place »

Il suffit de taper les mots « vol » et « déchetterie » sur Google et les témoignages abondent ! Parmi les nombreux articles traitant du problème de délinquance liée à la présence de déchetteries, citons ce texte qui résume bien les problèmes de ce type de vol :

« Les 29 déchetteries du Grand Narbonne sont la cible de trop de déprédations, vol de fer et autres matériaux dans les containers, destructions des clôtures d'enceintes lors d'intrusions nocturnes, quand ce n'est pas le bâtiment du gardien qui est forcé pour pénétrer à l'intérieur comme cela vient de se produire, une fois de plus, à Vinassan. Il arrive même qu'il y ait des menaces d'intimidations à l'encontre du personnel… » 

Il est clair que les moyens de protection mentionnés (clôture, gardien, vidéo surveillance …) ne permettent pas de supprimer cette délinquance.

Ce type de vol s’accompagne souvent de dégradation du matériel et des bâtiments. Comment, dans ce cas, garantir l’absence de risque de pollution ? 

7- « on n’y brule pas d’hydrocarbures ni aucun autre déchet »

Certes une déchetterie n’est pas une décharge, mais les amas de matériaux qui y sont entreposés la rendent sensible aux risques d’incendies (en particulier dégagement de méthane des tas de déchets verts en décomposition) En tapant les mots « feu » et « déchetterie » dans Google, les exemples abondent. 

8 -  « Le conseil général s’est engagé à sécuriser l’accès… »

Nous sommes prêts à parier qu’il est prévu d’établir un coûteux rond point , aux frais des contribuables, à l’entrée de la déchetterie.

D’autre part, pour éviter que les véhicules ne stationnent sur la route en période d’affluence il sera certainement nécessaire d’établir un parking en bordure de route, près de l’entrée. 

9 – « Meilleur localisation possible … pour qu’il soit utile au plus grand nombre … »

Nous remarquons que, parmi les 14 communes de la CCLD, 4 vont voir leur temps de trajet d’accès à la déchetterie augmenter (en comparaison du trajet vers la déchetterie de Pertuis)

Si il est prévu de construire des déchetteries supplémentaires cela aura inévitablement une incidence sur la taxe d’enlèvement des ordures ménagères (TEOM) 

10 – « …les déchetteries mobiles ne se justifient pas ni en terme de coût, ni en terme d’efficacité … 600 à 900 000 d’investissement tous les 10 ans et 120 000 € de fonctionnement annuel »

Il serait dommage de tirer un trait sur une solution très bien adaptée à une communauté de petites communes dispersées, bien moins couteuse que des déchetteries fixes, plus souple et réduisant considérablement les distances à parcourir par les usagers.

Nous avons obtenu un devis détaillé de dépenses annuelles  comprenant la location de la remorque et la prestation totale ainsi que le transport des bennes et le gardiennage.

Cette déchetterie mobile collecterait les déchets de  10 communes sur 14 aux portes des villages.

les 4 autres, (c'est-à-dire Ansouis, La Bastidonne, La Tour d’Aigues, Villelaure) continuant à apporter leurs déchets à la déchetterie de Pertuis utilisée également comme déchetterie fixe associée à la déchetterie mobile)

Le coût annuel serait de 117 000 € HT (somme très inférieure aux coûts annoncés par le CCLD).

Eléments non évoqués dans le bulletin communal :

11 – les décharges sauvages aux abords du site :

Extrait du manuel de gestion des déchetteries (ADEME) :

« Il est fréquent de constater des dépôts sauvages de déchets devant ou à proximité de la déchetterie mais aussi dans les espaces naturels, au bord des routes… »

Ce phénomène, commun à toutes les déchetteries, est due aux usagers qui, trouvant porte close, ne veulent pas ramener leurs déchets chez eux.

 Il faut donc s’attendre à ce que la D956 offre aux touristes un aspect de route parsemée de décharges sauvages ! 

12- Terres de remblais

Les parcelles concernées sont constituées de remblais sur des épaisseurs pouvant atteindre 2 m ce qui imposerait des précautions particulières quant à la réalisation des fondations des différents bâtiments, sans parler du risque de voir des parties importantes de la parcelle entrainées vers la rivière en cas de crue. 

13 – Réduction des volumes de déchets

Pourquoi la CCLD ne fait-elle pas la promotion des stations de compostage communales qui permettraient aux habitants de se débarrasser plus rapidement de leurs déchets verts (tonte de gazon, taille des haies …) qui représentent plus de la moitié du volume des apports en déchetterie ? 

14- Communautés de communes

Il  est difficile de comprendre qu’on puisse envisager de figer, à la hâte, ce dossier, sans attendre de connaître la décision finale du préfet concernant le redécoupage des communautés de communes.


En conclusion : nous estimons que ce projet n’est pas justifié, et nous nous y opposerons. 

Association AUBIONS NATURE

Président : Michel Bouvier

                                                                                          

Ensuite lorsqu'on lit le dernier bulletin d'information de la Mairie d'ANSOUIS on comprend que la CCLD découpe son projet en deux sous projets :

Le texte rédigé par la Mairie d'ANSOUIS est le suivant :
"Compte-rendu de la Communauté de Communes Luberon Durance :
Parmi les points formant le compte-rendu de la Communauté de Communes, Monsieur le Maire évoque le projet d'implantation d'une déchetterie sur la Commune de LA TOUR D'AIGUES. Ce projet contesté par les riverains, fait partie d'un plan départemental qui prévoit que sur chaque territoire intercommunal, les déchetteries doivent avoir une position centrale. Il sera soumis, comme le prévoit la loi, à une enquête publique.
Par ailleurs, les travaux de construction du bâtiment communautaire devraient démarrer en 2012."

Plusieurs points importants sont à déduire de ce texte.

- Tout d'abord la volonté de découper le projet d'une déchetterie en deux sous-projets : Les bâtiments communautaires d'un côté puis second projet la déchetterie elle même et le CAV. La manœuvre est selon nous évidente : un premier projet d'implantation de bâtiments communautaires relativement facile à faire passer parce que moins risqué pour l'environnement et imposant moins de contrainte. Un second projet Déchetterie et quai de transfert bien plus difficile à faire passer mais qui s'appuiera sur le fait que le premier est en place pour faire passer le second. C'est adroit il faut le reconnaître mais nos adhérents comme nos sympathisant ne seront pas dupes.

Dire que « le projet est contesté par les riverains » est pour le moins restrictif et loin de refléter la réalité car de très nombreux habitants de villages de la CCLD  ont pris clairement position contre ce projet sans être aucunement « riverains » du site en question.

 

- Ensuite il faut noter que La Mairie d'Ansouis fait référence au Plan Départemental qui prévoit sur chaque territoire intercommunal, les déchetteries doivent avoir une position centrale. La encore il y a beaucoup à dire. Le Préfet tout d'abord souhaite que la CCLD fusionne avec la CPA donc la question d'une déchetterie ne se traite plus au niveau de la CCLD mais dans une concertation entre la CCLD et la CPA. A tout le moins un moratoire devrait être prononcé sur ce projet jusqu'à ce que l'on sache si la CCLD doit effectivement fusionner ou non avec la CPA. Imaginez le ridicule si la CCLD devait fusionner avec la CPA et nous retrouver ensuite avec deux déchetteries l'une à 5 kilomètres de l'autre !
A propos du plan départemental il faut que vous sachiez que RIEN ne s'oppose à ce que nous continuions à aller déposer nos déchets à PERTUIS.


- Enfin nous ne le répéterons jamais assez, tout investissement dans un projet de déchetterie est totalement inutile et constitue une gabegie dans la mesure où la Communauté du Pays d'Aix et la Mairie de PERTUIS continuent à dire qu'ils sont tout à fait ouverts à l'idée d'une prolongation des accords en cours au-delà de 2013.


A très bientôt pour notre prochain édito en Août.

Salutations

Hervé JASPARD
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