Edito du Président AOUT-SEPTEMBRE 2011




Bonjour à tous,

Notre assemblée annuelle s'est tenue le samedi 24 septembre 2011 et a réuni bien plus de personnes que ce que nous attendions.

En effet nombreux étaient les présents et outre La Tour d'Aigues et Grambois, des membres de nombreuses communes de la CCLD avaient fait le déplacement.
Cela prouve que le mouvement d'opposition au projet de Déchetterie à La Tour d'Aigues mobilise grandement.


La réunion s'est merveilleusement bien passée
et les votants nous ont donné mandat sur tous les sujets pour une année supplémentaire avec la même équipe dirigeante.

Je rappelle ici que 6 Associations nous ont officiellement apporté leur soutien, VDA Nature comprend plus de 200 adhérents et nos pétitions physiques et en ligne ont réuni près de 1500 signatures.

Nous vous remercions tous pour votre mobilisation.

Aujourd'hui nous avons un invité important en la personne d'Antoine MEDVEDOWSKY.
Ancien Conseillé Municipal de La Tour d'Aigues, Spécialiste des Maladies Vasculaires, installé depuis 25 ans à Pertuis, fondateur et gérant du Centre Médical Provence Luberon.


M. MEDVEDOWSKY est un authentique amoureux de sa région. Ses responsabilités passées et son engagement quotidien pour défendre la qualité de vie dans la Vallée d'Aigues et en particulier à LA TOUR donne un sens particulier au texte qu'il a rédigé pour nous et que je vous livre maintenant :



      Gouverner c'est prévoir.



Cette formule bien connue d'Emile de Girardin devrait définir une faculté essentielle que les citoyens attendent de leurs élus : la capacité d'anticiper les nécessaires évolutions à venir pour mieux préparer l'avenir.

Cela aurait par exemple permis ici à la Tour d'Aigues d'éviter de lotir en zone résidentielle les bords de l'Eze reconnus ensuite comme zone inondable, et de leur préférer la zone du Revol - ou du plan- idéalement située entre les somptueux panoramas du Luberon et de Sainte Victoire .

Cela aurait ainsi permis de conserver la première zone toute tracée pour une éventuelle voie de dérivation du centre village, et d'éviter l'implantation de plusieurs dizaines de hangars hideux sur la zone résidentielle du Revol dévalorisant à jamais ce magnifique paysage.

Cela aurait aussi permis d'éviter que certains envisagent maintenant de vouloir faire rouler cars et camions dans le dernier beau vallon de verdure intra village de l'Ourgouse.

Tout ceci est navrant pour un natif de La Tour d'Aigues comme je le suis, amoureux de son pays et soucieux de la préservation de son avenir.

Il en est de même pour le défi de l'intercommunalité qui engage l'avenir et pour lequel il ne faut pas à nouveau se tromper.

Doit-on rester frileusement "entre nous", quelques petits villages de Sud Luberon, ou bien n'est-il pas temps de rejoindre Pertuis et la Communauté du Pays d'Aix afin que notre avenir profite d'une richesse évidente de possibilités culturelles, économiques et commerciales ?

L'intercommunalité est un remède à l’émiettement communal et un instrument de l’organisation rationnelle des territoires. En effet, la France compte plus de 36.700 communes, ce qui représente 40 % de l’ensemble des communes de l’Union européenne à 27.

Cette richesse démocratique, fruit de l’histoire, a été sauvegardée car les citoyens sont très attachés à l’identité communale mais aussi, il faut bien le dire, parce que de nombreux élus y trouvent leur intérêt puisque la France compte 610.384 élus, soit 1 pour 104 habitants, ce qui est le taux le plus élevé au monde, tous pays confondus !

Même avec la régionalisation la France se singularise encore avec 22 régions (sans compter les DOM-TOM), contre 20 en Italie, 16 en Allemagne, et 14 en Espagne ( sans compter aussi avec notre échelon supplémentaire d 'une centaine de départements, survivance intangible de l'époque Napoléonienne ! ).

Ceci n'est plus en accord, acceptable peut on dire, avec les nécessités de gestion actuelles.

En l’absence de refonte de la carte territoriale, l’intercommunalité rassemble des moyens dispersés et structure des initiatives locales.

Il s'agit de mettre en place un maillage du territoire qui permette de répondre aux défis qui se posent au pays en matière d’aménagement du territoire, qu’il s’agisse des problèmes liés au développement urbain ou à la dévitalisation des espaces ruraux. L’intercommunalité favorise aussi le développement économique local.

Réponse pragmatique aux problèmes de gestion que rencontre l'ensemble des élus municipaux, la coopération intercommunale prépare la France à l’insertion européenne et à l’accélération des échanges économiques et humains.

Ce processus de réflexion lancé en 2008 et qui a abouti à la loi du 16 décembre 2010 portant réforme des collectivités territoriales, vise donc à la simplification des structures territoriales, la réduction du nombre d’échelons territoriaux, la clarification des compétences et des financements.

C'est dans ce cadre là que doit s'apprécier la situation de la commune de la Tour d'Aigues et son avenir.

Comment peut on estimer aujourd'hui que notre commune a fait des choix optimaux en matière de coopération intercommunale.?

Nous ne sommes, ni n'avons la taille suffisante pour gérer les compétences principales dont nos concitoyens ont besoin: développement économique, aménagement du territoire, protection de l'environnement, transports.

A cet égard le problème de la collecte des déchets peut être aussi un exemple de mauvaise prévision comparable à ceux que je citais au début :

Pourquoi vouloir à tout prix construire une nouvelle structure lourde - et chère - alors qu'il en existe une à 5Km, en voie de modernisation et d'agrandissement, au lieu de privilégier les structures modernes « légères », moins onéreuses, de collecte sur place dans les villages, et de participer à frais partagés à la structure mère ?

Notre commune n'a pas les moyens de ses ambitions, si tant est qu'elle ait des ambitions.

Notre communauté de commune est petite, isolée, sans moyen financier, privée de tout lien avec la commune de Pertuis, centre du canton.

En effet depuis le 29 novembre 1999, la commune de Pertuis a intégré la communauté d'agglomération du Pays d'Aix, faisant le choix de la raison, du bassin de vie, des relations culturelles et historiques. Or nos communes ne peuvent vivre en tournant le dos à Pertuis et à notre bassin de vie économique, d'emploi, universitaire, hospitalier, ou de transport ferroviaire ( liens avec la Gare Aix TGV) et aérien (avec l'Aéroport de Marseille Provence).

Le territoire du Sud Luberon ne peut organiser son développement sans bénéficier des moyens de cette richesse d'agglomération et de compétences. Cette intégration sera le moyen pour les petites communes du Sud Luberon de bénéficier de la solidarité d'une entité plus riche et capable de mettre en œuvre des politiques cohérentes au service de nos concitoyens.

C'est d'ailleurs ce que retient le Préfet de région dans sa proposition de schéma départemental de coopération intercommunale car c'est le choix de la logique, du progrès, mais aussi de la raison.
L'autre choix, c'est celui de l'isolement, du repli sur soi, du non développement et donc de l'appauvrissement de notre commune et des communes du Sud Luberon.
C'est l'incapacité de prévoir l'avenir de notre territoire et celui de nos enfants.

 

Antoine  MEDVEDOWSKY


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